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25 mars 2025. solennité de l’Annonciation

benedictinesflee

Nous fêtons aujourd’hui l’Annonciation du Seigneur, nous fêtons le « oui » de Marie qui a permis à Dieu de faire irruption dans la réalité concrète de notre monde, en se faisant un homme comme nous, en assumant notre humanité en tout sauf le péché.

Cela signifie que Dieu aime cette réalité humaine qui est la nôtre, qu’il l’aime à un point tel qu’il a désiré venir la partager avec nous.

Depuis que Caïn a tué son frère Abel, le monde n’a jamais été un endroit idéal où les hommes vivent en paix et heureux : les problèmes de toutes sortes, les injustices, la violence, les guerres et les maladies sont là aujourd’hui comme hier et depuis toujours. Mais rien de tout cela n’a empêché le Fils de Dieu de désirer venir parmi nous. Son désir de salut n’a pas été arrêté par notre désobéissance et notre péché : il est devenu l’un de nous parce qu’il nous aime tels que nous sommes. Dieu nous aime, non pas dans l’état futur de perfection où nous nous trouverons un jour au Paradis, mais Dieu nous aime aujourd’hui, tels que nous sommes, marqués comme nous le sommes par le mal et le péché. Et d’ailleurs, si nous avions été parfaits, y aurait-il eu besoin de son intervention dans l’histoire, besoin de l’Incarnation ?


Célébrer l’Incarnation aujourd’hui, cela signifie célébrer le plan de Dieu pour notre salut, célébrer Marie dont le « oui » a permis que ce plan se réalise, mais cela signifie aussi savoir accueillir et aimer la réalité de notre monde, comme Dieu l’a aimée, avec ses lumières et avec ses ombres.

Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les malheurs et les souffrances de toutes sortes, les nôtres et celles des autres, mais de vivre dans la certitude que ce monde, aussi blessé soit-il, ce monde est néanmoins le lieu dans lequel Dieu s’est manifesté, dans lequel il nous a rencontrés, et où nous le rencontrons encore aujourd’hui.

Notre monde n’est pas un lieu de perfection, c’est vrai, mais cela ne doit pas nous empêcher d’en reconnaître la beauté et d’y vivre pleinement ; devant les événements de la vie, qu’ils soient beaux ou non, gardons la certitude que Dieu est présent dans le monde, que le bien nous habite, que Jésus est avec nous pour nous sauver.

Le mystère que nous célébrons aujourd’hui est donc une invitation à ne pas fuir le réel, à ne pas nous réfugier dans un monde imaginaire où nous n’entendrions plus parler du mal et de la souffrance, mais au contraire à poser un regard serein sur le monde qui est habité par la présence de Dieu, et à trouver dans notre vie, personnelle et communautaire, telle qu’elle est, les signes de la présence de Dieu, à y trouver le lieu où nous pouvons le rencontrer, le lieu où Jésus vient se faire proche de nous.


L’Incarnation a été rendue possible par le « oui » de Marie. Mais pour que Jésus se fasse toujours plus présent à notre monde, notre « oui » à nous aussi est nécessaire.

En effet, si Marie a été remplie de l’Esprit pour engendrer le Christ, c’est pour que le Christ, à travers la Pâque et le don de l’Esprit Saint, puisse être engendré dans tous les croyants. Et si Marie, et elle seule, a mis au monde Jésus dans sa chair, nous sommes, nous, appelés à accueillir Jésus en nous et à l’enfanter au monde. « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » (Marc 3, 35).

Et pour cela, pour pouvoir enfanter Jésus, donner Jésus au monde, nous aussi, comme Marie, nous recevons, au long de notre vie, des sortes d’« annonciations », c’est-à-dire des visites de Dieu. Ce n’est pas forcément l’ange Gabriel lui-même qui vient à nous, mais ce sont plutôt des mots que l’Esprit chuchote discrètement à l’oreille de notre cœur, ou bien des événements ou des personnes, qui nous aident à percevoir la volonté de Dieu sur nous. Pour nous, moines et moniales, l’« annonciation » la plus marquante a peut-être été la révélation de notre vocation monastique, mais nous en avons certainement connu bien d’autres. Comme Marie, sachons garder un cœur aimant et ouvert, pour savoir reconnaître ces visites, et, même lorsque l’appel de Dieu arrive à l’improviste, nous déconcerte ou nous bouscule, pour savoir y répondre par un « oui » confiant et résolu, un « oui » qui à chaque fois sera une nouvelle venue de Jésus dans notre existence et une nouvelle présence de Jésus dans notre monde. « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».

 
 
 

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