top of page

DIMANCHE 2 FEVRIER 2025 La Présentation du Seigneur au Temple

L’Eglise célèbre aujourd’hui la Présentation de Jésus au Temple, sa rencontre avec Syméon et la purification rituelle de Marie, le quarantième jour après la naissance de Jésus.

Cette fête, où Jésus est présenté à nos yeux comme le Messie du Seigneur, clôt traditionnellement le cycle de Noël. On l’appelle souvent Chandeleur : c’est une référence aux chandelles, aux cierges, car la liturgie prévoit que les fidèles entrent dans l’église en procession – c’est ce que nous avons fait il y a quelques instants – en portant des cierges allumés, porteurs de la lumière qui est le Christ, à l’image de Marie et Joseph qui sont entrés dans le Temple en portant l’enfant Jésus.

Saint François de Sales le dit de façon pittoresque : « Lors donc que les chrétiens portent les cierges en leurs mains, cela ne veut dire autre chose, sinon que, s’il leur était possible de porter Notre Seigneur dans leurs bras, comme firent Notre-Dame et Syméon, ils iraient l’offrir au Père éternel d’aussi bon cœur comme ils portent ces cierges qui le leur représentent ».


Le pape saint Jean-Paul II a voulu que cette fête de la Présentation soit aussi la journée de la vie consacrée, la fête de tous ceux qui ont consacré leur vie à Dieu.

L’Evangile vient de nous présenter deux personnages qui sont deux modèles pour tout consacré. Le vieillard Syméon, et la prophétesse Anne, une veuve qui s’est consacrée complètement au Seigneur dans la pauvreté, dans l’ascèse, dans la prière. Tous deux demeurent dans le Temple ou ne s’éloignent pas du Temple, tous deux demeurent dans la présence divine, car le Temple est le lieu où, dans le Saint des Saints, demeure la présence de Dieu. Il est émouvant de contempler Marie et Joseph qui viennent au Temple de Jérusalem, par obéissance à la Loi, portant dans leurs bras l’enfant-Dieu qui va à la rencontre de Dieu … Que Dieu est humble, lui qui, pour rejoindre l’humanité, a pris un corps semblable au nôtre ! C’est ce que nous avons célébré durant le temps de Noël, le temps où nous contemplons le mystère de l’Incarnation. Aujourd’hui le Seigneur va à la rencontre de son Seigneur, et nous commençons à entrer progressivement – c’est l’annonce prophétique de Syméon – dans le mystère de la Rédemption que nous célébrerons à Pâques. Le petit enfant est désigné comme le Messie qui vient accomplir le Salut.

Les consacrés, les hommes et les femmes qui par pure bonté du Seigneur sont appelés à lui donner totalement leur vie, peuvent véritablement trouver des modèles dans les personnes de Syméon et d’Anne. Même si le monde païen d’aujourd’hui ne le comprend pas, les consacrés, comme Syméon et Anne, annoncent déjà ce qui n’est pas encore, annoncent que « Dieu sera tout en tous », comme le dit saint Paul (1 Corinthiens 15, 28). Les êtres humains, en effet, ont été créés afin que Dieu puisse trouver, dans le cœur de chacun, toute sa place, afin que chacun accueille son amour et réponde à son amour par l’amour. Voilà ce que tout consacré manifeste à la face du monde, que le monde le sache ou ne le sache pas. Véritablement, tout consacré dans l’Eglise remplit une fonction prophétique en annonçant ce qui n’est pas encore, mais qui adviendra pour tous dans l’éternité.

Anne, cette pauvre veuve qui « ne s’éloigne pas du Temple », a choisi de demeurer dans le veuvage, donc dans la pauvreté et dans une dépendance totale au Seigneur, sachant que Dieu seul suffit (cf. 2 Corinthiens 12, 9). De même, les consacrés manifestent, en vivant dans la pauvreté, que la seule richesse qui peut combler le cœur de l’homme c’est Dieu ; et leur célibat, comme celui de Syméon et d’Anne, leur permet d’être pleinement présents à Dieu à toute heure.


Aujourd’hui, avec vous et avec tous les consacrés, particulièrement les sœurs de ce monastère et les frères de la paroisse de Château-du-Loir, nous rendons grâce à Dieu pour le don magnifique de la vie consacrée qu’il fait à son Eglise. Les consacrés – c’est vrai déjà de tous les baptisés, mais cela l’est pour eux d’une manière plus radicale – les consacrés sont appelés à vivre en enfants de lumière, à être des signes du Royaume, à partager la joie de se savoir aimés au point d’être sauvés par le Christ, et de pouvoir, en le reconnaissant comme l’unique Sauveur, rayonner de cet amour.

Nous savons aussi que la vie consacrée, quelles qu’en soient ses modalités, a toujours une dimension d’annonce du salut à tous nos frères en humanité. Cela peut se réaliser dans une vie apostolique, comme cela peut se réaliser aussi, de manière très cachée, dans la prière, dans la communion des saints, et c’est le cas de la vie monastique. Chaque consacré, quel que soit son mode de sa vie, porte l’humanité entière devant le Seigneur.


L’Eglise, et l’humanité tout entière, sont ainsi portées par la sainteté, canonisée ou non, d’innombrables consacrés, qui ont eu et continuent d’avoir un rayonnement considérable, depuis saint Benoît jusqu’à Charles de Foucauld, en passant par saint François d’Assise et tant d’autres …

Comment ont-ils pu être si rayonnants ? En se laissant tout simplement transformer par Celui qu’ils aimaient de tout leur cœur, par le Sauveur. Tous ont en commun d’être des exemples d’une vie de prière extraordinaire.

Je vous pose la question à vous, frères et sœurs, même si vous n’êtes pas consacrés : combien de temps par semaine donnez-vous à la prière ? Quelle place tient l’adoration dans votre vie quotidienne ? Le cœur à cœur avec Celui à qui on s’est donné peut changer notre propre cœur, notre intelligence, tout notre être. Nous sommes tous, que nous soyons consacrés par les vœux de religion ou simple baptisés, nous sommes tous en état perpétuel de conversion jusqu’à notre entrée dans la plénitude de la vie éternelle au jour de notre mort, lorsque le voile se déchirera et que nous verrons Dieu face à face. Telle est notre espérance, et telle est l’espérance que nous devons faire connaître aujourd’hui dans un monde perturbé, l’espérance que nous devons proclamer à la face de ce monde qui vit sans Dieu et qui en vient à désespérer, ne sachant même plus pourquoi l’homme se trouve sur terre. Les consacrés sont là pour rappeler, non seulement aux chrétiens mais au monde entier, pour rappeler le sens de l’existence. Créés par amour par notre Dieu, nous sommes faits pour le connaître et pour l’aimer, et pour vivre d’ores et déjà dans la charité, dans l’amour fraternel, et, au-delà de la mort, pour parvenir un jour dans le face à face avec le Sauveur, dans la béatitude éternelle.


Permettez-moi maintenant, frères et sœurs, de vous demander de porter dans la prière tous ceux qui ne connaissent pas encore, ou qui ne connaissent plus, le visage de l’enfant-Dieu qui a été reconnu par le vieillard Syméon comme la lumière d’Israël et la lumière des nations.

C’est par une intimité permanente avec le Seigneur, ou du moins une intimité recherchée de manière permanente, que les consacrés peuvent obtenir dans la communion des saints que la Lumière du monde soit reconnue davantage par nos contemporains. Quel que soit notre état de vie, je vous invite à approfondir votre vie de prière de telle sorte que Dieu se laisse toucher et que la grâce pleuve en abondance sur un monde qui en a tant besoin pour retrouver la joie de se savoir aimé et de pouvoir à son tour aimer sans crainte.

 
 
 

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page