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Dimanche 9 Mars 2025 1° dimanche de Carême année C

Homélie sur Luc 4, 1-13


la tentation de Jésus au désert

« Jésus, rempli d’Esprit Saint, … fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable ». Pourquoi ces tentations ? Il y a plusieurs réponses.


Première raison d’être des tentations


L’épisode des tentations au désert survient lorsque Jésus s’apprête à commencer sa vie publique, juste après avoir été confirmé dans sa mission lors de son baptême dans le Jourdain, par la voix du Père : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Luc 3, 22).

Le diable a bien compris ce que cela signifie, a bien compris que Jésus est le Messie, et il veut faire échouer le plan de Dieu, en détournant Jésus de la mission confiée par son Père, ou plutôt en cherchant à lui faire remplir sa mission d’une autre façon, à sa façon à lui, en utilisant sa puissance pour réaliser des prodiges spectaculaires.


« Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain … si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela … si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ». Cela signifie : Puisque tu es Fils de Dieu, ton rôle de Messie, tu es capable de le remplir par toi-même, et tu rencontreras tout de suite le succès. Vas-y donc, n’attends pas davantage, tu n’as pas besoin d’obéir aux ordres de ton Père ! Les moyens que je te conseille sont les plus efficaces pour remplir ta mission !

« Si tu es Fils de Dieu … », dit le Tentateur ; et Jésus va effectivement prouver qu’il est le Fils de Dieu, mais il le prouve précisément en restant fidèle à son Père. Jésus montre qu’il est bien le Fils de Dieu en se nourrissant de la Parole de son Père, en ne mettant pas à l’épreuve son Père en qui il a confiance, et en adressant ses prières à son Père et à lui seul.

Jésus ne discute pas avec le diable, il se contente de lui répondre en citant l’Ecriture, et précisément le livre du Deutéronome, qui était pour les Juifs l’expression même de la volonté de Dieu. Jésus manifeste par-là combien son seul souci est d’obéir à son Père.


Ce que cherche le diable, en fait, c’est à rompre le lien de confiance qui existe entre le Fils de Dieu et son Père ; mais il n’a aucune prise sur Jésus, dont toute la vie n’est qu’obéissance au Père et désir d’accomplir le plus parfaitement possible sa volonté.

« Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (Jean 4, 34), dira plus tard Jésus ; et à Gethsémani : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » (Luc 22, 42).


Seconde raison d’être des tentations


Jésus séjourne quarante jours dans le désert, « tenté par le diable ». Le chiffre quarante, dans la Bible, est presque toujours une référence aux quarante années de l’Exode, aux quarante années que le peuple hébreu, sortant de la servitude d’Egypte, a passées dans le désert avant d’arriver à la Terre Promise.

Alors, par ses quarante jours au désert, Jésus reprend d’une certaine façon le parcours du peuple hébreu, le peuple de Dieu, mais il le reprend en le corrigeant et en le perfectionnant.

Le peuple hébreu dans le désert avait succombé à la tentation : tentation de l’idolâtrie avec le veau d’or, et, à plusieurs reprises, tentation de la rébellion contre Dieu. Jésus, lui aussi, est « tenté par le diable », mais, au contraire du peuple hébreu, il ne succombe pas. Jésus, totalement obéissant à la volonté divine, rachète donc la désobéissance du peuple hébreu ; et il va même bien au-delà, car « la victoire de Jésus sur la tentation anticipe (déjà) la victoire de la Passion » (CEC 538).

Alors, si Jésus se rend au désert, ce n’est pas d’abord pour y être tenté, mais c’est surtout pour y triompher du Tentateur. Et s’il ira plus tard jusqu’au Calvaire, c’est pour cette même raison : c’est pour nous, c’est pour notre salut. La fidélité de Jésus rachète l’infidélité des hommes et nous mérite le salut.


Troisième raison d’être des tentations


Jésus, le Fils de Dieu, s’est incarné, a vécu parmi nous en étant semblable à nous en toutes choses à l’exception du péché (cf. Hébreux 4, 15). Il convenait donc qu’il connaisse lui aussi la tentation, qui fait partie de notre condition humaine.

Non seulement il l’a connue, et vaincue, mais il veut nous faire participer à sa victoire sur la tentation. Jésus nous entraîne dans sa victoire, il nous apprend à résister au péché, il nous montre la route à suivre pour avoir part à son triomphe sur le mal. A nous qui sommes si souvent confrontés aux tentations, Jésus nous donne un exemple et un appui.

Toute la vie de Jésus est une victoire sur le mal, jusqu’à la Croix qui est la victoire absolue ; et si nous nous unissons à Jésus dans sa fidélité et son obéissance au Père, il nous associera à sa victoire sur la tentation.et sur le mal.


Le Carême


Mercredi dernier, le Mercredi des Cendres, nous sommes entrés en Carême. Chaque année, pendant le Carême, l’Eglise s’unit à Jésus séjournant au désert. Les chrétiens veulent s’unir à Jésus dans son temps de prière et de pénitence, pour être unis aussi à lui dans sa Résurrection.

Pendant ce temps de Carême, Jésus nous précède et nous accompagne : il a été tenté pour nous, et il a vaincu le Tentateur pour nous, mais nous aussi nous devons, avec lui, affronter les tentations et les surmonter. Nous le ferons en restant, comme lui, fermes dans la confiance, l’obéissance et l’adoration envers Dieu ; nous le ferons en donnant à Dieu la première place dans notre vie.


Les pratiques de Carême (le jeûne, la prière et l’aumône) sont les grands moyens par lesquels nous pouvons nous attacher de plus près à Jésus pour parvenir avec lui à la joie de Pâques.

Le jeûne nous libère de ce qui risquerait de nous attacher outre-mesure aux réalités d’ici-bas. La prière nous rapproche de Dieu. L’aumône nous rapproche du prochain.

N’ayons donc pas peur de ces pratiques de Carême, qui sont des pratiques de pénitence, c’est vrai, mais qui nous donneront la joie de suivre Jésus de plus près.

Le jeûne, d’abord : il est bon dans la mesure où il nous demande un effort qui nous libère de nous-mêmes, qui nous libère de notre pesanteur et de nos dépendances, pour nous ouvrir davantage à Dieu et au prochain, et aux réalités d’en haut. Il y a le jeûne de nourriture, bien sûr, mais nous pouvons pratiquer aussi les restrictions de tabac, de télévision, d’Internet, les restrictions des bavardages inutiles, du temps gaspillé ici ou là, etc.

La prière, elle, elle est indispensable à notre vie chrétienne. Comment pourrait-on dire à Dieu qu’on l’aime, si on ne prend pas régulièrement du temps pour le passer avec lui ? ou si on ne vient pas s’approcher de lui dans les sacrements ? Le Carême est un temps privilégié pour renouer et renforcer notre relation à Dieu par la prière et la réception des sacrements.

L’aumône a sa place elle aussi dans la vie d’un croyant, car l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont indissociables. Nous pouvons faire l’aumône avec notre argent, en faveur de personnes plus démunies que nous, mais nous pouvons aussi faire l’aumône à ceux qui ont simplement besoin de notre temps, de notre amitié, de notre aide : l’aumône de notre sourire, de notre bonne humeur, l’aumône d’un service rendu, l’aumône de nous abstenir de commérages, ou de remplacer les critiques par la bienveillance, etc.


N’ayons pas peur de ces pratiques de Carême, car, quand on s’y donne du fond du cœur, c’est elles qui nous font avancer, avec Jésus, sur le chemin qui nous mène à Pâques, qui nous mène à la joie de la Résurrection, et, au-delà, à la joie du Ciel, qui est l’aboutissement de notre chemin. Amen.

 
 
 

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