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Lundi 6 Janvier 2025 Solennité de l’ Epiphanie

Homélie sur Matthieu 2, 1 – 12

l’adoration des mages


La solennité de l’Epiphanie est comme un second rayonnement de la fête de Noël : elle nous montre la gloire du nouveau-né de Bethléem sous un jour nouveau. Après la naissance de Jésus, après l’adoration des bergers, c’est l’adoration des « mages venus d’Orient ».


Autrefois, Abraham a entendu l’appel de Dieu, et il a quitté son pays, la Chaldée, pour aller là où Dieu voulait le conduire. Par sa foi et son obéissance, il est devenu le père des croyants, l’ancêtre d’Israël, le peuple de Dieu.


Les mages eux aussi ont reçu l’appel de Dieu, signifié par l’étoile, et ils se sont mis en marche pour aller là où l’étoile les conduirait. L’étoile est un symbole du Christ, que l’Apocalypse appelle « le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin » (Apocalypse 22, 16) ; l’étoile est un symbole du Christ qui est la lumière annonçant la fin des ténèbres du péché (cf. 2 Pierre 1, 19).


Après les bergers, venus présenter à l’enfant Jésus les vœux et l’adoration du peuple d’Israël, les mages venus de pays lointains viennent présenter ceux de l’humanité tout entière : ils annoncent la conversion au Christ des peuples païens. Par leur foi et leur obéissance, ils deviennent eux aussi pères des croyants, ils sont les ancêtres de l’Eglise, l’Eglise qui est le nouvel Israël, l’Eglise dans laquelle tous les peuples sont appelés à la foi. Avec l’arrivée des mages à Bethléem, c’est l’Eglise qui commence à apparaître : à travers eux, ce sont les peuples païens qui se tournent déjà vers Jésus, Jésus qui leur est présenté par Marie ; et Joseph est là pour représenter le peuple de l’Ancienne Alliance.


Car le peuple d’Israël a sa place dans l’Epiphanie. L’étoile des mages est aussi l’étoile de David, l’étoile par laquelle le prophète Balaam annonçait la venue du Messie : « un astre se lève, issu de Jacob » (Nombres 24, 17) ; et c’est à Jérusalem que l’étoile conduit d’abord les mages, qui viennent pour se prosterner devant « le roi des Juifs qui vient de naître ». Cela signifie que les païens ne peuvent découvrir Jésus et l’adorer comme Fils de Dieu et Sauveur du monde, qu’en se tournant vers les Juifs pour recevoir d’eux les promesses de l’Ancien Testament. « Le salut vient des Juifs », dira Jésus à la Samaritaine (Jean 4, 22).

Mais les païens eux aussi ont leur rôle dans ce salut, puisque ce sont les mages qui annoncent à Jérusalem la naissance de Jésus, et que ce sont les mages qui amènent les Juifs à reconnaître l’un des principaux caractères du Messie : sa naissance à Bethléem.


La foi des mages est digne de la foi d’Abraham. Non seulement ils se mettent en marche quand la puissance de Dieu les appelle, non seulement ils savent que le Messie qu’ils désirent est « le roi des Juifs », mais ils n’hésitent pas à le reconnaître dans la pauvreté de la crèche, parce qu’ils ont compris que c’est dans l’humilité que Dieu manifeste sa puissance. Et ils proclament par leurs présents que ce Messie est Roi (c’est l’or), qu’il est vraiment Dieu (c’est l’encens), tout en étant vraiment homme mortel (c’est la myrrhe).

La foi des mages, nous la reconnaissons comme la nôtre : ils sont vraiment les prémices de l’Eglise chrétienne. Mais le plan du salut a été fixé par Dieu : ce n’est pas encore l’heure de l’Eglise, et les mages vont repartir ; l’étoile ne les guide plus, car maintenant qu’ils ont reconnu et adoré le Messie, c’est dans leur cœur qu’ils portent l’étoile. En suivant une lumière, celle de l’étoile, ils ont trouvé la lumière, celle du Christ.


Dans les mages nous pouvons reconnaître aussi les hommes et les femmes de notre temps, qui recherchent la vérité dans les religions et dans les philosophies du monde entier. Si dans la droiture de leur cœur ils s’attachent aux seules lumières qu’ils connaissent ou qu’ils découvrent, Dieu ne les abandonnera pas. Si, en suivant une lumière, toute imparfaite ou trompeuse qu’elle se révèle parfois, c’est en réalité la lumière qu’ils recherchent, c’est en réalité Dieu qu’ils recherchent, même sans en avoir pleinement conscience, nous pouvons avoir confiance que Dieu ne les privera pas de sa grâce.


Et nous-mêmes, qui avons le bonheur de connaître la lumière qu’est le Christ, nous nous sommes mis en route, comme les mages, pour marcher à la suite de cette lumière.

Devant l’enfant Jésus que nous présente Marie, nous tombons à genoux et nous lui offrons notre cœur : l’or de notre amour, l’encens de notre prière et la myrrhe de toutes les peines qui ne manquent jamais dans notre vie. Et alors, fortifiés dans la foi et dans l’amour, nous pourrons repartir « par un autre chemin », en nous détournant du péché et de tout ce qui nous éloigne de Jésus. Amen.



 
 
 

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