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Dimanche 24 Mai 2026 Solennité de la Pentecôte . année A Actes 2, 1-11 et Jean 20, 19-23

Le soir de Pâques, Jésus donne l’Esprit Saint à ses Apôtres en soufflant sur eux. Pourquoi ce geste ?

Le souffle, c’est la vie.

         Quand Dieu a créé le premier homme, Adam, il a d’abord façonné son corps avec de la glaise, puis il a soufflé en lui une haleine de vie. De la même manière, Jésus ressuscité réalise une création nouvelle : il donne naissance à une humanité nouvelle, l’Eglise. Après avoir d’abord, durant sa vie terrestre, appelé ses Apôtres, le soir de Pâques il leur donne son souffle, l’Esprit, qui va animer son Corps mystique, l’Eglise.

 

         L’Esprit est l’âme de l’Eglise, et il doit être aussi l’âme de notre âme.

 

 

En tant qu’âme de l’Eglise, l’Esprit Saint remplit deux fonctions :

 

- une première fonction, tout intérieure : l’Esprit est le principe d’unité de l’Eglise, rassemblant en un seul Corps tous les membres divers. Saint Paul le disait dans la seconde lecture : tous les dons, les fonctions, les activités dans l’Eglise sont variés, mais c’est toujours le même Esprit. Ce rôle d’unité qu’exerce l’Esprit lui vient de sa nature même : dans la sainte Trinité, il est l’amour qui unit le Père et le Fils. Dans l’Eglise, il est le lien de la charité qui cimente tous les fidèles entre eux et les unit à Dieu.

 

- la seconde fonction de l’Esprit dans l’Eglise est extérieure : il est le principe de l’activité missionnaire de l’Eglise. Jésus ressuscité donne son Esprit aux Apôtres pour les envoyer en mission. « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Voyez quelle transformation l’Esprit opère dans les Apôtres le jour de la Pentecôte : eux que la peur maintenait renfermés dans le Cénacle, les voilà qui sortent pour proclamer à tous les peuples les merveilles de Dieu !

         La Pentecôte est l’inverse de Babel : à Babel, les hommes, par orgueil, ont voulu construire une tour pour escalader le ciel, et Dieu les punit en retirant d’eux son esprit ; alors les hommes ne s’entendent plus : c’est la division des langues et la dispersion des peuples.

         Au contraire, à la Pentecôte, le Saint-Esprit descend sur les Apôtres réunis au Cénacle, et ils parlent toutes les langues pour rassembler tous les peuples dans l’unique Eglise du Christ. C’est l’Esprit qui anime l’Eglise en la rendant « catholique », c’est à dire universelle, répandue dans l’univers entier, et en faisant l’union de tous les chrétiens. C’est bien ce que nous professons dans le Symbole des Apôtres : « Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints … ».

 

 

         L’Esprit Saint est aussi l’âme de notre âme : la vie de notre être intérieur et de notre activité. Il nous donne d’être avec Dieu et d’agir selon Dieu.

 

- première fonction de l’Esprit : il nous donne d’être avec Dieu. C’est une véritable alliance. La fête juive de la Pentecôte faisait mémoire de l’alliance conclue entre Dieu et son peuple au Sinaï. Alors, Dieu avait donné sa loi au milieu du feu et du tonnerre. L’alliance parfaite accomplie par l’Esprit Saint s’est faite aussi dans un feu, celui qui descend sur les Apôtres sous la forme de langues de feu ; mais ce feu de l’Esprit est surtout intérieur : il brûle le cœur. L’Esprit Saint en effet prend possession de notre âme pour l’habiter. Il devient un hôte en nous. Nous le possédons, nous l’avons comme une habitude, nous en sommes revêtus comme d’un habit. Voilà ce qu’est l’habitation de l’Esprit en nous. Il réalise cette alliance qui est d’être avec Dieu, nous avec Dieu et Dieu avec nous.

 

- seconde fonction de l’Esprit : il nous donne d’agir selon Dieu. Nous avons l’Esprit, ou plutôt nous sommes possédés par lui, non seulement pour être avec Dieu mais aussi pour agir avec lui, ou plus exactement pour nous laisser agir par lui, comme dit saint Paul, être poussés à agir par lui. Car ce qui fait agir le chrétien, ce n’est plus une loi tout extérieure, comme celle que Moïse a donnée au peuple juif au Sinaï, cette loi qui était une contrainte extérieure. La loi nouvelle de l’Evangile est tout intérieure, non pas écrite sur des tables de pierre mais inscrite en nos cœurs par le doigt de Dieu. Cette loi, c’est l’Esprit Saint. C’est lui qui inspire à notre conscience notre devoir. Mais pour écouter l’Esprit, il faut être réceptif, ne pas étouffer sa voix. « N’éteignez pas l’Esprit », nous recommande saint Paul (1 Thessaloniciens 5, 19) : il est le feu qui doit illuminer notre esprit et enflammer notre cœur d’amour.

 

 

         Alors frères et sœurs, interrogeons-nous : l’Esprit a-t-il dans notre vie la place qu’il doit avoir ? Désirons-nous vraiment un renouveau de l’Esprit ? On parle parfois d'une nouvelle Pentecôte. Mais la Pentecôte a eu lieu il y a deux mille ans, une fois pour toutes : il n’y a donc plus à attendre un retour de l’Esprit, mais ce qu’il faut désirer c’est un retour à l’Esprit, une prise de conscience nouvelle de son importance dans notre vie spirituelle. Et en ce sens, il peut y avoir une nouvelle Pentecôte, si nous nous préparons à recevoir plus abondamment la grâce de l’Esprit. Bien sûr, nous avons reçu l’Esprit à la confirmation, et déjà au baptême, mais sans cesse nous le recevons davantage dans la mesure où nous sommes prêts à l’accueillir. Le jour de la Pentecôte, le cœur des Apôtres était prêt, ils étaient des réservoirs purs, des outres neuves pour recevoir le vin nouveau. Enivrons-nous donc de l’Esprit, d’une sobre ivresse, pour chanter les merveilles de Dieu. Viens, Esprit Saint ; remplis les cœurs de tes fidèles ! Viens dans ton Eglise et dans nos cœurs ! Amen.

 
 
 

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