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DIMANCHE 5 AVRIL 2026 Dimanche de Pâques . Messe du jour Homélie sur Jean 20, 1-9

 « Il vit, et il crut ». Cette nuit, nous entendions que les saintes femmes ont cru à la Résurrection parce qu’elles ont vu « l’ange du Seigneur » et rencontré Jésus ressuscité. Ce matin, Jean croit sans avoir vu, simplement sur le témoignage que constituent le tombeau vide et les linges soigneusement rangés. Pour lui aussi, et pour tous les Apôtres, ce témoignage sera complété et confirmé, un peu plus tard, par des rencontres avec Jésus ressuscité.

Le témoignage et la rencontre avec Jésus, ce sont les deux modalités par lesquelles nous pouvons accueillir le don de la foi.

On pourrait répondre qu’une rencontre avec Jésus, d’accord, c’est objectif, mais que le tombeau vide n’a rien de convaincant, ce n’est pas une preuve scientifique, et donc croire sur le seul témoignage du tombeau vide, c’est s’illusionner.

Dans un sens c’est vrai, le tombeau vide n’est pas une preuve. C’est pourtant un indice fort, parce que si le corps de Jésus avait été volé, comme ses adversaires vont en répandre le bruit (cf. Matthieu 28, 13), il aurait été volé tel quel, enroulé dans les linges ; et si l’un des linges avait été abandonné, il aurait été laissé en vrac, et pas plié ou roulé soigneusement. Oui, mais de toutes façons la question n’est pas là. Le tombeau vide, c’est une donnée objective qui montre que la foi n’est pas déraisonnable, mais qui ne peut pas suffire à susciter la foi. La foi, elle vient d’ailleurs. Si Jean a cru, c’est parce que, en plus de cet indice qui s’adressait à l’intelligence de la tête, il avait dans le cœur l’amour et l’intelligence du cœur. Quand on aime une personne, on expérimente qui elle est, on croit en elle, on connaît la vérité sur elle, on la comprend à demi-mot ou même sans aucun mot. Jean a cru parce qu’il connaissait Jésus, qu’il avait vécu trois ans avec Jésus, et devant le tombeau vide tout ce qu’il connaissait de Jésus s’est éclairé d’un seul coup et il a compris, il a eu la certitude de la Résurrection.

Pour les saintes femmes, la foi est venue de la rencontre avec le Ressuscité. Pour Jean, la foi est venue par le témoignage du tombeau vide, mais ce témoignage n’a été parlant que parce que la rencontre avec Jésus, la familiarité avec Jésus, existait auparavant.

 

Demander des preuves de la Résurrection, cela n’aurait pas de sens. La Résurrection n’est pas une théorie, n’est pas une expérience scientifiquement contrôlable, elle est une rencontre avec Jésus ressuscité. Même si des preuves scientifiques existaient, elles ne suffiraient jamais pour susciter la foi, parce que la question n’est pas là : ce qui suscite la foi, c’est la rencontre avec Jésus ressuscité. Celui qui aime le rencontrera, et, comme Jean, il lui suffira de peu de chose, d’un signe même léger, pour comprendre.

 

Notre foi, elle repose sur le témoignage reçu des Apôtres puis transmis par l’Eglise de génération en génération. Oui, c’est vrai. Mais elle a besoin qu’on passe un jour à l’étape suivante, à la rencontre personnelle avec Jésus. Notre foi d’enfant, nous l’avons reçue de nos parents, du témoignage de nos parents ; et puis un jour nous sommes passés à une foi d’adulte lorsque nous avons fait nous-mêmes la rencontre de Jésus. Si nous n’avions jamais rencontré personnellement Jésus, nous n’aurions qu’une foi infantile, une foi infirme.

 

Jésus est ressuscité, mais ce n’est pas pour s’éloigner de nous. C’est pour nous faire ressusciter avec lui, dans son Royaume, oui, mais en attendant c’est pour rester encore avec nous, même si ce n’est plus de la même façon que durant sa vie terrestre. « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus » (Romains 6, 9), et il reste toujours vivant et agissant pour tous les hommes qu’il est venu sauver.

Jésus, nous pouvons donc le rencontrer. Il nous l’a promis : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu, 28,20). Nous pourrons le rencontrer si, comme les saintes femmes ou comme Jean, nous avons l’amour dans notre cœur.

 

Où pouvons-nous le rencontrer ? Il y a quatre lieux où nous pouvons le rencontrer.

1/ dans l’Eglise, qui est le corps dont Jésus est la tête, et qui est l’épouse même de Jésus : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Matthieu 18, 20).

2/ dans l’Ecriture Sainte, qui est la Parole de Dieu, et en particulier dans l’Evangile, qui est le lieu par excellence où nous entendons les paroles mêmes de Jésus.

3/ dans les sacrements ; l’Eucharistie d’abord, « Ceci est mon corps » (Matthieu 26, 26) ; le sacrement de pénitence aussi, grâce auquel nous recevons le fruit de la Rédemption qui nous vient de la croix de Jésus ; et tous les autres sacrements aussi.

4/ dans le service du prochain : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 40).

 

         Qu’elle se produise dans l’un ou l’autre de ces lieux, notre rencontre avec Jésus, finalement, c’est au fond de notre cœur qu’elle se produit. Et une fois qu’elle s’est produite, notre cœur n’est plus le même.

Comme les saintes femmes et comme Jean, nous sommes appelés d’abord à vivre nous-mêmes de la Résurrection, par laquelle nous sommes passés de la mort à la vie, de l’esclavage du péché à la liberté de l’amour. Et nous sommes appelés ensuite à devenir nous-mêmes témoins de la Résurrection, en apportant cette bonne nouvelle à nos frères, comme le plus beau don que nous pouvons et devons leur offrir : être témoins de la Résurrection par nos paroles, bien sûr, mais d’abord par le témoignage de notre vie.

La joyeuse nouvelle de la Résurrection devrait transparaître sur notre visage, dans nos sentiments et nos comportements, dans la manière dont nous traitons les autres.

Nous annonçons la Résurrection de Jésus quand sa lumière éclaire les moments sombres de notre existence et que nous pouvons la partager avec les autres ; quand nous savons sourire avec ceux qui sourient et pleurer avec ceux qui pleurent ; quand nous marchons à côté de ceux qui sont tristes et qui risquent de perdre l’espérance ; quand nous racontons notre expérience de foi à ceux qui sont à la recherche de sens et du bonheur. Par notre comportement, par notre témoignage, par notre vie, nous disons, du fond de notre cœur : Jésus est ressuscité !

 

         Pour vivre de l’amour de Jésus ressuscité, n’ayons pas peur de nous donner complètement à lui, en vivant la communion entre nous et la charité envers tous, et en les faisant rayonner. Et, pour commencer, soyons dans la joie, et rendons grâce à Dieu pour la Résurrection de Jésus. Amen, alléluia.

 
 
 

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