top of page

Noël 2025. Messe du jour

Où est passée la crèche ? Il y a quelques heures, à la messe de la nuit, nous entendions le récit de la naissance de Jésus, dans l’étable de Bethléem, mais ce matin ce n’est plus du tout de cela qu’il est question ! « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu … ». L’Évangile ne nous montre plus Jésus venu sur terre en un moment précis de l’histoire, entre l’âne et le bœuf, mais Jésus présent au Ciel dans l’éternité, entre le Père et le Saint Esprit. Et pourtant c’est la même personne, c’est le même Jésus. Si Jésus a pu nous sauver en venant sur terre, comme les anges nous l’annonçaient cette nuit : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur », c’est parce que, de toute éternité, Jésus est auprès de Dieu, Jésus est Dieu.

            Le point commun entre ces deux aspects de Jésus, c’est peut-être la lumière. « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée », nous dit saint Jean ; « L’ange du Seigneur se présenta devant (les bergers), et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière », nous disait saint Luc cette nuit.

           

            La lumière, c’est ce dont nous avons besoin. Il y a tellement de choses qui vont mal dans notre monde, que c’est comme si nous étions plongés dans les ténèbres. En nous envoyant son Fils, Dieu apporte la lumière dans un monde enténébré ; pas seulement un espoir, mais une certitude, la certitude que la lumière est plus forte que les ténèbres, que le mal et le péché n’auront pas le dernier mot.

            Et Dieu choisit la façon la plus déconcertante de nous libérer. Il ne supprime pas tous les malheurs comme par un coup de baguette magique, il n’envoie pas un chef militaire qui mettrait au pas les malfaisants, ou un homme politique sage qui promulguerait des lois justes, ou un savant qui éradiquerait toutes les épidémies. Non, il nous envoie un bébé ! Pour nous dire « Courage, je suis avec vous », il se fait homme comme nous ! Pour nous dire qu’il nous aime comme des fils, Dieu nous envoie son propre Fils.

            Pourquoi cela ? Parce que Dieu sait bien que le mal dont nous souffrons, il a ses complicités dans nos cœurs, et que le seul moyen de nous sauver, c’est de nous guérir de l’intérieur, c’est de guérir nos cœurs. Notre seul moyen de guérir, de guérir nos blessures les plus profondes, de nous libérer des cercles vicieux de l’orgueil, de l’égoïsme, de la colère, de la haine, de la rancœur, etc., c’est d’accueillir dans notre cœur l’amour que Dieu nous porte ; et cet amour Dieu nous le propose en la personne de son propre Fils.

            Dieu n’est pas rebuté par nos misères, par nos souffrances, par nos complicités avec le mal ; bien au contraire, ce sont toutes ces misères qui attirent sa miséricorde.

Pour nous faire comprendre jusqu’où Dieu aime notre condition humaine, il a voulu toucher concrètement notre misère. Le Fils de Dieu est né dans une étable, pauvre et rejeté, pour nous dire que toute personne rejetée est enfant de Dieu. Il est venu au monde comme vient au monde un petit enfant, faible et fragile, pour que nous puissions accueillir avec tendresse nos fragilités. Et pour nous faire découvrir que, comme à Bethléem, avec nous Dieu aussi aime faire de grandes choses à travers nos pauvretés. Lui qui a déposé tout notre salut dans la mangeoire de la crèche, il ne craint pas nos pauvretés : alors, laissons sa miséricorde transformer nos misères !

 

Cette nuit, nous entendions saint Luc, à propos du recensement, mentionner l’empereur Auguste et le gouverneur de Syrie Quirinius. Un peu plus loin, il mentionnera d’autres personnages politiques et religieux, les grands de l’époque : Tibère, Ponce Pilate, Hérode, Philippe, Lysanias, Anne et Caïphe. Pour nous, ce ne sont que des noms ; mais les contemporains savaient très bien que ces hommes sont tous des canailles, chacun à sa façon : violents, corrompus, jouisseurs, lâches, tyranniques, etc. C’est précisément à une époque où les puissants de ce monde étaient des canailles, à une époque dominée par le péché, quand le monde avait particulièrement besoin de libération et de purification, que Dieu a témoigné sa miséricorde, non pas en détruisant ces canailles, mais en envoyant son Fils, et c’est cela qui marque le commencement de la fin de l’empire du mal.

Et à la naissance du Fils de Dieu, qui est invité ? Aucun des grands de ce monde, mais seulement les bergers ; pas forcément les plus honnêtes, mais les plus petits, les plus humbles, des gens insignifiants. Pour nous c’est un grand signe d’espérance : Dieu s’est fait tout petit, aussi c’est lorsque nous sommes tout petits que nous pouvons le rencontrer, c’est lorsque nous sommes petits, humbles, misérables, que Dieu peut se révéler à nous, venir à nous. Il faut un cœur de pauvre pour reconnaître Dieu et pour le laisser agir en nous.

C’est un signe d’espérance aussi parce que, lorsqu’il arrive à notre époque aussi que des hommes de pouvoir soient des canailles, non seulement nous n’avons pas à nous en étonner, puisque c’est de tous les temps, mais nous n’avons pas à en avoir peur, parce que nous savons que ce sont précisément de telles situations qui poussent Dieu à nous prendre en pitié. Dieu ne vient pas détruire les canailles mais il nous envoie son Fils ; et aujourd’hui, jour de Noël, il nous envoie son Fils pour que nous puissions l’accueillir dans notre cœur, et pour triompher des canailles, non pas par la force mais par l’amour que Jésus vient répandre dans notre cœur et dans notre monde.

Pour le mal qui existe dans le monde, faisons donc confiance à la bonté de Dieu qui ne laissera pas le mal et le péché avoir le dernier mot ; Dieu ne fera peut-être pas de miracle pour supprimer tous les problèmes, mais il sera avec nous pour les affronter. Et pour le mal, ou les complicités avec le mal, qui existent en nous, présentons-nous devant Jésus avec l’humilité et la simplicité des bergers, ouvrons-lui notre cœur pour qu’il puisse y venir et le transformer.

La vraie réponse aux ténèbres du mal, c’est la lumière de l’amour que nous apporte l’enfant de la crèche.

 

Noël, la naissance de Jésus, c’est donc une source d’espérance et de joie extraordinaire ! Alors, réentendons le message de l’ange, pour nous laisser saisir par la joie et la paix que l’enfant de la crèche vient nous apporter. « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».

C’était une « bonne nouvelle » il y a deux mille ans pour les bergers de Bethléem, et c’est encore une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui, car ce n’est pas seulement il y deux mille ans, mais c’est aujourd’hui encore que nous naît un Sauveur. C’est aujourd’hui que Jésus vient à nous, quoi qu’il en soit de nos ténèbres, des nuits de nos violences et de nos péchés, de nos misères et de nos pauvretés. Alors, réjouissons-nous avec les anges et les bergers !

 
 
 

Posts récents

Voir tout

Commentaires


bottom of page