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Dimanche 22 Décembre 2024 - 4° Dimanche de l’ Avent Année C

Dans trois jours nous serons à Noël. Le passage d'Evangile que nous venons d'entendre, l'Evangile de la Visitation, est comme une dernière préparation à cet événement de Noël.


D'un côté nous voyons Elisabeth, qui attend la naissance prochaine de Jean-Baptiste, et de l'autre côté, Marie, qui attend elle aussi une naissance, la naissance de Jésus.

Pour souligner l'importance exceptionnelle de ces deux naissances, Dieu a décidé de bouleverser l'ordre de la nature, aussi bien pour Elisabeth, qui est âgée et stérile, que pour Marie, qui est vierge. Dieu envoie d'abord l'ange Gabriel à Zacharie pour lui annoncer qu'il aura un fils, Jean-Baptiste, dont la mission sera de préparer la venue du Messie. Et puis, six mois plus tard, Dieu envoie à nouveau l'ange Gabriel, à Marie cette fois, pour lui demander d'être la mère du Messie.


La scène de la Visitation marque la charnière entre l'Ancien Testament et le Nouveau Testament.

Elisabeth et Jean-Baptiste, c'est l'Ancien Testament : ils représentent le peuple d'Israël, avec qui Dieu a contracté une alliance, l'Ancienne Alliance, en lui promettant la venue d'un Sauveur, d'un Messie.

Marie, c'est le Nouveau Testament, c'est l'accomplissement de la promesse de Dieu, c'est la Nouvelle Alliance : en réponse à l'attente d'Israël, la venue du Messie ouvre une ère nouvelle, l'ère de l'Evangile, et apporte le salut au monde entier.

C'est à cette charnière précise, mais encore sur le versant de l'Ancienne Alliance, que se trouve donc Jean-Baptiste, le Précurseur du Messie.

Lorsque, à la Visitation, Marie, qui, elle, est déjà sur l'autre versant, vient à la rencontre d'Elisabeth, c'est aussi Jésus qui vient à la rencontre de Jean-Baptiste, pour le sanctifier et pour lui faire inaugurer sa mission de Précurseur, mission qui est de préparer le peuple juif à reconnaître Jésus comme le Messie.


La première personne à qui Jean-Baptiste annonce la venue du Seigneur, c'est sa mère, c'est Elisabeth. Elisabeth ne s'y trompe pas, et elle déclare aussitôt à Marie : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en moi ».

L'ange Gabriel avait déclaré à Zacharie que Jean-Baptiste serait « rempli de l'Esprit-Saint dès le sein de sa mère » (Luc 1, 15), et c'est bien cela : éclairés par l'Esprit-Saint, Jean-Baptiste et Elisabeth ont une conscience claire de ce qu'est le salut que Dieu prépare à son peuple ; et l'Esprit-Saint leur fait reconnaître d'emblée la venue de ce salut, la venue de Jésus encore caché dans le sein de Marie.


La Visitation, la rencontre de Marie et d'Elisabeth, ce n'est donc pas une simple visite de politesse entre cousines, entre futures mamans. C'est d'abord la rencontre de deux enfants prédestinés, car les deux mères servent la mission de leurs enfants. Et c'est aussi un chant de reconnaissance de ces deux mères, un chant à deux voix, pour le Seigneur qui visite son peuple à travers elles.

Il y a d'abord la salutation d'Elisabeth, toute remplie de joie messianique, et qui proclame la première des Béatitudes du Nouveau Testament : « Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Et puis, à cette salutation, Marie répondra par le cantique du Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Luc 1,46-47). Guidées par l'Esprit-Saint, Marie et Elisabeth chantent la gloire de Dieu : elles sont des modèles de foi et de prière, de prière contemplative.


Le récit de la Visitation, qui est comme un prélude à son Evangile, suit immédiatement chez Saint Luc le récit de l'Annonciation (Luc 1, 26-38), et se poursuit par le cantique de Marie : « Mon âme exalte le Seigneur » (Luc 1, 46-55). Cela montre l'importance que revêtait, pour Saint Luc et pour la première génération chrétienne, la personne de Marie et son rôle dans la préparation et l'annonce de l'Evangile. Cette place privilégiée de Marie dans le dessein de Dieu, l'Eglise l'a toujours reconnue, et a toujours aimé l'entourer d'une dévotion particulière.


Dans la salutation d'Elisabeth : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni », vous avez reconnu un des éléments de notre prière, le « Je vous salue, Marie ».

Le « Je vous salue, Marie » a pris forme au V° siècle lorsque la piété chrétienne a associé deux formules tirées de l'Evangile selon Saint Luc : la salutation de l'ange lors de l'Annonciation, « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi », (Luc 1, 28), et, quelques versets plus loin, cette salutation d''Elisabeth, « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni », (Luc 1, 42).

C'est d'abord sous cette forme brève que cette prière est devenue chère aux chrétiens. Puis, quelques siècles plus tard, à cette première partie qui est une prière de louange, on a ajouté une seconde partie qui est une prière de demande : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. » Cette seconde partie donne au « Je vous salue, Marie » la même structure que le « Notre Père », qui commence par des formules de louange et continue par des formules de demande. Quant au titre « Sainte Marie, Mère de Dieu », il a été reconnu par le Concile d'Ephèse, en 431 comme exprimant de façon juste la foi de l'Eglise.

Le « Je vous salue, Marie » n'est donc pas une dévotion particulière quelconque, mais c'est avant tout une prière évangélique, une méditation évangélique qui nous place en face du mystère de notre salut.

Le Rosaire, qui est formé de cent cinquante « Je vous salue, Marie », nous propose la méditation des mystères de la vie de Jésus et des principaux actes de la Rédemption ; il est apparu au XI° siècle, et il est lui aussi dans la droite ligne de l'Evangile et de la prière de l'Eglise. En priant le Rosaire (ou le chapelet, qui en est une forme abrégée), nous répondons à la fois à l'appel évangélique à prier sans nous lasser (cf. Luc 18, 1) et à la déclaration de Marie dans le Magnificat : « Désormais tous les âges me diront bienheureuse » (Luc 1, 48).


Noël qui approche, c'est bien autre chose, pour nous chrétiens, qu'un simple souvenir historique. Noël, c'est une réalité vivante à laquelle nous participons, parce que à chaque Noël c'est Dieu lui-même qui vient avec nous, à chaque Noël c'est Jésus qui vient naître pour nous.

Pour nous préparer à Noël, nous avons simplement à croire à l'amour que Dieu nous porte et qui se manifeste par la naissance de Jésus.

Comme Marie, nous avons à croire : « Heureuse celle qui a cru … », lui disait Elisabeth.

Comme Elisabeth, nous avons à accueillir dans notre vie Jésus qui vient à nous.

Et comme Marie encore, qui portait Jésus vers Elisabeth, nous avons aussi à porter Jésus aux autres, à transmettre la présence de Jésus, à donner Jésus au monde.

Pour cela, demandons au Seigneur une foi simple et forte comme celle de Marie, et sachons nous tenir près de Marie, particulièrement par la prière du chapelet. Amen.

 
 
 

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